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Jaimecrire, l'univers de Sébastien Bonmarchand !

La nuit dernière au XVe siècle

9 Janvier 2009, 14:48pm

Publié par Séb

Je viens de finir de lire le dernier Van Cauwelaeart, cet auteur (français) qui m'avait fortement séduit il y a quelques années avec un roman intitulé "L'Education d'une fée" et destabilisé avec "L'Evangile de Jimmy", à lire impérativement.
Cette fois, c'est au travers de son roman intitulé "La Nuit dernière au XVème siècle", où il raconte, à la première personne, comment un agent du Trésor de Châteauroux, en 2008, voit son âme réquisitionnée par celles d'un chevalier et de sa belle, morts il y a 6 siècles et qui demandent, grosso modo, par le truchement de châtelains assez space, à ce que leur histoire passe de tragique à romantique. Bon, l'écriture est sympa, l'histoire aussi malgré quelques longueurs et quelques pistes ébauchées et non exploitées (comme ce descendant du chevalier qui est en prison et que j'aurais bien vu mêler à l'histoire de son aïeul, mais bon).
Mais ça ne restera pas, non plus, dans les anales, n'exagérons rien.
Non, si ce roman a suscité chez moi l'envie d'écrire ce billet c'est pour souligner la première et la dernière phrase du roman.

La première phrase :
« J’ai rencontré Corinne dans une laverie, un soir d’été ; elle était ma voisine de hublot. »
 La dernière phrase :
« Le seul moyen de ne plus rater ma vie, c'est d'en réussir deux. »

La première phrase est jolie, naturellement, mais surtout, je trouve, symbolique du roman à venir si l'on se fie à la quatrième de couv (à supposer que Corrine soit la damoiselle du XVème siècle et que des éléments matériels actuels comme la laverie aient également traversé le temps) :


Présentation de l'éditeur
Comment vivre une histoire d'amour avec une jeune femme du XVe siècle, quand on est contrôleur des impôts à Châteauroux en 2008 ? C'est tout le problème de Jean-Luc Talbot, qui était un homme normal, rangé et rationnel... Jusqu'à la nuit dernière, où tout a basculé. Est-il rattrapé par une passion vécue au Moyen Age, ou victime du complot diabolique d'un contribuable ? Ballotté de manipulations dangereuses en bonheurs fous, il se demande s'il est en train de perdre la raison, ou de trouver un sens à son existence. Si la réincarnation existe, quel est son but ? Faut-il revenir sur les pas d'un autre, pour découvrir enfin qui l'on est ? Peut-on modifier le passé ? Peut-on réussir deux vies à la fois ? Renouant avec ses thèmes majeurs, Didier van Cauwelaert nous entraîne dans un roman hallucinant où, à travers la drôlerie irrésistible des situations, la gravité de l'enjeu et le pouvoir des rêves, il suggère des réponses vertigineuses aux questions qui nous hantent.

En lisant, on comprend naturellement que cette Corrine est la femme d'aujourd'hui et que notre horizon d'attentes, habilement, est battu en brèche.
Reste le symbole, fort et beau, de cette vie que l'on voit d'entrée à travers un hublot, avec les déformations que cela implique, les risques éventuellement que l'on rencontrerait en allant de l'autre coté... Bref, le début m'a immédiatement séduit.
Les premiers chapitres, avec l'étrange qui devient de plus en plus présent, m'ont vraiment enthousiasmé.
La seconde partie m'a un peu ennuyé, ça n'allait pas assez vite, ça manquait, à mon sens, d'inventivité, "ça n'osait pas assez". Assez convenu, au final, surtout le personnage du psy viré de Paris qui est débarqué dans le Berri et qui devient spécialiste ès événements paranormaux.
Le final m'a plu, notamment la scène du duel final entre les deux identités, symbolique mais quelque peu inutile à ce moment-là du roman (comme une scène oubliée en cours de route que l'auteur aurait balancée dans les dernières pages), mais ce que j'ai vraiment aimé c'est bien cette dernière phrase qui, en moi, a sonné comme un réel élan d'optimisme.
J'en ferais presque une devise : « Le seul moyen de ne plus rater ma vie, c'est d'en réussir deux. »
Ne pas rater ma vie d'homme, de mari, de père et de travailleur et réussir ma vie d'écrivain. Deux vies en parralèle, qui se recouperaient, se rejoindraient, dans des moments que j'aimerais ne pas etre que de crise, et qui, finalement, se confondraient et ne m'invitraient plus à choisir sans cesse une seule d'entre elles.
Oui, définitivement, cette phrase, s'il est vrai qu'un roman peut apporter des choses fondamentales à celui qui daigne le lire, m'a beaucoup apporté.
Allez bonne nuit les loulous, j'entends mon lit qui hurle desespérément mon prénom. Séb ! Séb ! C'est bon, j'arrive !

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Superconnard 30/05/2009 15:57

Tu n'as aucune raison d'avoir du respect pour moi. Il n'y a pas grand chose de respectable là-dedans et ça n'empêche pas d'avoir une vie merdique.

Superconnard 30/05/2009 13:50

Diantre, une question personnelle, voilà qui est rudement habile! Je suis née en Charentes, j'ai vécu à Bordeaux où j'ai accompli une scolarité tout à fait ordinaire. Ensuite j'ai fait une prépa à Paris puis au terme d'un parcours plus ou moins chaotique, j'ai obtenu l'agrégation d'histoire et achevé une thèse il y a deux ans en histoire médiévale. J'ai enseigné deux ans puis me suis tournée vers le privé. Je suis désormais cadre supérieur dans une grande entreprise privée canadienne.

Séb 30/05/2009 14:36


wouah... totale respect !


Superconnard 30/05/2009 11:14

Tu es certifié ou agrégé?Sinon nous sommes d'accord. On peut lire cet auteur et trouver ça sympathique. Cela n'en reste pas moins un machin sans talent. Mais au moins il n'est pas le seul à faire cela.

Séb 30/05/2009 11:51


Certes, il n'est pas le seul.
J'ai une maitrise de lettres et j'ai passé deux fois le capes sans envie. Et toi, quel est ton parcours ?


Superconnard 30/05/2009 02:03

Tu peux t'arrêter là. Van Cauwelaert a un talent, celui de vendre ses bouquins. Ce serait mieux s'il avait celui de savoir bien les écrire...

Séb 30/05/2009 10:53


Alors, comme je l'ai écrit jadis à un certain Gus qui m'impressionnait lui aussi par la pauvreté de son argumentaire, je suis pret à tout entendre, meme le plus scandaleux ou le plus immoral, pour
peu que le propos soit argumenté et que de sceptique je puisse passer à convaincu.
J'ai aimé ce bouquin, comme j'avais aimé "L'Education d'une fée", pour tout un  tas de raisons (des personnages attachants, notamment le perso principal, une intrigue qui se laisse lire, des
décors bien plantés, un phrasé fluide, quelques belles images poétiques...), mais je sais aussi qu'il ne passera pas à la posterité, comme... "Le Liseur", tiens, de Schlink...
Donc, mon vieux, argumente, argumente, argumente... Ou, si tu ne sais pas, vu que j'ai le niveau d'un prof de français je peux te donner des cours à 15€ de l'heure...


Melle Swann 28/05/2009 11:17

J'avais beaucoup aimé "L'éducation d'une fée" qui m'avait fait découvrir cet écrivain mais je n'ai pas trouvé dans ce livre ce qui m'avait enchanté dans le premier. Je me suis un peu ennuyée, le style est un peu plat et la manière dont est menée l'intrigue manque de punch.Cependant je ne compte pas m'arrêter là avec cet auteur et j'espère retrouver tout son talent dans mes futures lectures!