Et vous mes mots où vous cachez-vous
au fond de quelle cale nouée de sanglots
vous ai-je perdus vous témoins fous
de mon quotidien noir où le jour a éclos
vous béquilles bancales
vous trésors engloutis
vous fausses bacchanales
oui vous voleurs de vies

hier fluides et exponentiels
débordant du papier
où je vous incrustais
aujourd'hui flasques et carentiels
serait-ce cette histoire d'amour
dont vous me dictiez jusqu'au moindre contour
le corps et les larmes à venir
qui vous laisse orphelins au fond de mon empire
j'aimerais tant vous la présenter
cette libératrice aux lumières jamais
entraperçues dans nos gribouillis
approchez un à un je vous veux éblouis
étalez là votre humilité
aux pieds de ces strophes que seule la nature
dans son silence si cadencé
a pu enfanté sans l'outrage de ratures
observez respectez dégainez
vos godillots de plume ou vos lourdes sandales
et chaque seconde à ses côtés
soufflez par ma bouche ou mon stylo ses pétales
Dimanche, 3 heures du matin, pour KOALA avec laquelle j'aimerais dormir cette nuit...