"Réservé aux insensés"

Comme je l'ai lu dans "Le Loup des steppes", que je vous recommande du reste, ce blog est réservé aux insensés. C'est-à-dire aux fous, aux poètes, aux âmes décousues, aux insomniaques, à ceux qui se sentent à l'étroit dans ce monde si régulé, à ceux qui se relèvent pour fumer une tige ou reprendre une lecture, à ceux qui se disent que la vie ça ne peut pas n'être que se lever, aller chercher à gagner une misère, appeler sa femme entre midi et deux, rentrer déglingué, regarder TF1, écouter religieusement Sarko, mettre une troussée à sa moitié et s'endormir pour oublier cette horloge hallucinante que l'on s'impose, après avoir renoncé à savoir si on ne nous l'imposait pas, à ceux qui se disent que des beautés régénératrices existent, qu'elles sont, pourquoi pas, à notre portée, que l'on peut, soyons dingues, les créer, les échanger...


Ici, jeune incandescent, tu trouveras de la poésie maison, beaucoup, des textes de fiction à toutes les sauces, un peu, des "reacacho" évoquant cette actu de taré qui nous englobe - nous gobe - tous et, surtout, tu seras autorisé à donner ton avis, à t'accorder une pause dans le récital de l'horloge régulée de tes jours.

Lis et dis.

théâtre

Vendredi 29 mai 2009

J'ai désormais suffisamment de pièces de théâtre en stock pour pouvoir me lancer, donc si quelqu'un lit ces lignes et cherche des textes contemporains d'auteurs inconnus à mettre en scène, JE SUIS LA !!!

Sur ce blog, à la rubrique "Théâtre" se trouvent quelques textes (notamment "
Le mot fatidique") qui vous donneront un aperçu, et sur deux pages, vous trouverez la pièce "Lysistrata ou la Grève du Sexe" que je viens de faire jouer à Bruyères à la salle des fêtes avec des lycéens et qui connut un joli succès.

 
Les autres pièces exploitables sont "Gaëlle et Yoshué", une pièce née d'un rêve, comme Ionesco en son temps, et "Les Dissidents" où je m'inspire du roman 1984 et du monde avec Big Brother.

Cell que je viens de finir s'intitule "Quand les dieux s'ennuient ou La Nouvelle Eurydice" (l'histoire d'une troupe de théâtre qui joue le mythe d'Orphée et d'Eurydice en vers et qui se trouve confrontée aux vrais dieux à qui cette interprétation ne plait pas forcément), mais je suis en attente de l'accord moral de Bernard Werber pour l'exploiter d'une manière ou d'une autre car j'ai emprunté à sa trilogie "Nous les dieux" le socle idéologique de la pièce, à savoir que les âmes y ont le droit de quitter les Enfers d'Hadès quand bon leur semble mais la culpabilité les en empêche. S'il ne voit pas dinconvénients, ce sera, de loin, pour l'instant ma meilleure pièce.

Voilà, metteurs en scène, comédiens, troupes de Lorraine et d'ailleurs... je suis votre homme...

Par Séb
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Mercredi 27 mai 2009
Voilà, je viens de finir la pièce dont j'ai publié ici deux extraits.
Pour celles et ceux que cela intéresse, je peux l'envoyer par mail au format pdf.

Il ne s'agit pas d'une pièce en vers, mais d'une situation de théatre dans le théatre. Une pièce en vers est enchassée dans une pièce "traditionnelle" avec des comédiens jouant la pièce en vers.  Il leur arrive des événements pour le moins extraordinaires (renconter des dieux, ce genre de choses!), etc...

Le titre est : "Quand les dieux s'ennuient ou La Nouvelle Eurydice", tragi-comédie en un acte (et 56 pages!).

Pour les personnes intéressées, n'hésitez pas à me contacter.

Je suis également à la recherche d'une troupe désirant monter cette pièce. Toute proposition est la bienvenue !
Par Séb
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Jeudi 14 mai 2009

Voici une tirade extraite de la pièce que je suis en train d'écrire.
Il ne s'agira pas d'une pièce en vers, mais d'une situation de théâtre dans le théâtre.
La pièce mise en abyme et écrite en vers repose sur le mythe d'Orphée et d'Eurydice. Je vais suivre la troupe dans ses répétitions et ferai intervenir les vrais dieux de l'Olympe qui resteront incognito. Dans cette scène 3, Orphée chante son malheur et le public qui ne connaitrait pas le mythe est ainsi informé.
Qu'en pensez-vous ?




ORPHEE

Et toi, fleur au cœur pur, connais-tu Eurydice ?
Tes pétales auburn ont-ils vu son supplice ?
Tes oreilles dorées étaient-elles ouvertes
Quand l'épouse d'Orphée aux Enfers fut offerte ?

Tout juste à moi mariée, elle marchait rieuse
Au cœur des bois, témoins de nos fièvres heureuses,
Quand soudain ce serpent de sous son orme noir
Jaillit et se jeta sur l'Amour sans la voir.

Eurydice blêmit comme un astre surpris
Par un soleil dans sa course vers l'infini.
Ma prunelle mouillée baisa la sienne morte
Quand son regard partit vers le monde sans porte.

Mon sang alors freina sa course mystérieuse
Pour aller s'échouer sur les rives boueuses
Du fleuve des Enfers, le redoutable Styx,
Que ma lyre asservit de sons et non de rixes.

La belle Perséphone écouta mes soupirs
Et son cœur attendri supplia sans frémir
La couronne de son mari, le roi Hadès,
D'embrasser mes désirs en rendant Eurydice.


L'invisible maitre des Enfers torturés
Tendit vers moi son sceptre et son amer marché :
– Tu ne dois, me dit-il, jamais te retourner
Avant que le soleil ne vous ait enlacés.

Mais, touchant presque au jour, ta main a fui la mienne
Et mon âme a cédé aux cruelles sirènes
Que le dieu des Enfers avaient placées en moi.
Dépossédé de toi, j'échouai face aux lois. 

Oui, ma tendre Eurydice aux yeux à jamais clos,
J'ai échoué quand retournant mes trémolos
Vers toi, tu disparus. Éternellement vide
Ta main loin de la mienne errera chrysalide.

Et moi devenu ver sur la terre des hommes
Je te couvre de voyelles et de consonnes
Sans jamais plus te voir, orphelin de tes yeux,
Toi la parfaite épouse arrachée par les dieux.

Par Séb
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Dimanche 3 mai 2009

EUREMI, drame en un acte.

 


La chambre d'une princesse. Longs voilages, lit deux places richement décoré, un bureau et une chaise, une table. Une femme déambule, en proie à une grande agitation.


EURYDICE


Orphée ! Orphée ! Orphée ! Pourquoi te retourner ?

Les bras de l'avenir, larges et savoureux,

Allaient s'ouvrir à nous, et comme un nouveau-né

Je t'aurais embrassé, couvert de mille feux !

Qu'ai-je donc dans ma voix, dans ma peau, dans mon cœur

Laissé filtrer, Orphée !, Orphée ! de mes douleurs ?

Qu'ai-je donc affirmé désinvolte et rieuse

Pour être abandonnée aujourd'hui aux pleureuses ?

Des Enfers, je t'entends moi si bas, toi si haut !

Épeler mon prénom sur ces plaines farouches ;

Comme un loup dans la nuit tu hurles à nos maux

Orphée ! Orphée ! de fuir et nos cœurs et nos bouches.

Et quand de sous la terre, orpheline et hagarde,

Je pose mes baisers aux chevilles des bois

Qui comme un temple s'ouvrent au son de ta voix,

Orphée, mon triste Orphée, le temps retarde.


Eurydice se laisse choir sur son lit, en pleurs, et un lutin apparaît. Il porte un plateau avec un petit-déjeuner. Elle se lève.


LUTIN


Bonjour à vous, tendre amoureuse aux yeux si lourds.

Encore ce matin, mon maitre a mijoté

Lui-même et pour vous seule un petit-déjeuner.

Il a dit espérer vous croiser dans la cour.


EURYDICE


Dis à ton maitre...


LUTIN


                                      … Il a ajouté qu'il serait

La plus heureuse des créatures bannies

Si vous consentiez à honorer ces mets.

Il vous répète aussi que vous êtes ici...


EURYDICE


… Je sais, je sais... Il dit toujours que dans son temple

Aucune âme jamais ne sera obligée

De rester. Réponds-lui dans qu'à ce qu'il me semble

Quand Orphée a failli, mon cœur s'est arrêté.


LUTIN


Mais, chère abandonnée, chaque jour, chaque nuit,

N'est-ce pas lui, Orphée, que sans un mot, tu suis

De regards toujours plus amoureux et mouillés ?

N'est-ce pas lui ce tendre amant tant regretté ?


EURYDICE


Orphée chante là-haut nos pleurs et nos regrets !

Si j'ouvrais cette porte et si, au cœur d'un chant

En mon honneur, je le voyais, tout sombrerait...
Eurydice et Orphée ne seraient plus qu'un vent.

Notre amour a cessé quand il s'est retourné.

Notre unité devint aussitôt un duo

Lui jouant, au milieu des gens et des lauriers,

Moi quémandant ses mots, l'œil tendu vers là-haut !


Eurydice rend le plateau au lutin, lui fait signe de la laisser seule et va s'asseoir sur le lit. Elle regarde le plafond un long moment, comme fascinée, les mains posées sur ses genoux.

On entend alors une voix d'homme dans un micro : « Coupez ! C'est bon, on la garde ! ». Apparaît alors un homme habillé en jeans, t-shirt et baskets, avec un casque d'ingénieur du son sur les oreilles. Eurydice va vers lui tout sourire.


LE METTEUR EN SCENE


C'est bien, Eurydice, tu as été fantastique. Le directeur du théâtre est ravi de tes premières répétitions. Essaie juste d'insister sur certains mots importants, mais on en reparle. (Il l'embrasse sur la joue et lui met une tape sur les fesses avant de s'éloigner.) Allez, va te changer et te reposer. (La jeune femme quitte la scène puis le metteur en scène s'adresse aux accessoiristes.) Allez, les gars, vous me virez ce décors, ce soir Antigone débarque. Du nerf !


Les accessoiristes vident la scène, tandis qu'Eurydice se fait démaquiller.


LA MAQUILLEUSE


Tu as des projets pour ce soir, Maria ?


MARIA


Ah enfin quelqu'un qui m'appelle par mon prénom ! Tu sais pourquoi il appelle tous les comédiens par le nom de leur personnage ?


LA MAQUILLEUSE


Tout simplement parce qu'il ne sait même pas comment vous vous appelez, ma chérie ! Je crois que même les comédiennes qu'il a réussi à culbuter, il a continué à les appeler par leur nom de scène. D'ailleurs, attention, j'ai vu sa main...


MARIA


Oui, mais c'est de bonne guerre. On vient de finir de répéter une scène, c'était bien, ça s'arrête là. C'est comme si je venais de marquer un but et qu'il me félicitait... à sa manière. Enfin... tu sais, moi, j'ai Rémi...


LA MAQUILLEUSE


Ah oui, c'est vrai que ça fait un moment tous les deux.


MARIA


Bientôt deux ans. C'est un amour. D'ailleurs, on va emménager ensemble dans quinze jours.


LA MAQUILLEUSE


Félicitations ma chérie ! Je suis très heureuse pour vous. Et j'imagine que si tu n'as pas répondu à ma question, c'est que tu le vois ce soir...


MARIA


Oui, on va se faire un petit restaurant en amoureux...


LA MAQUILLEUSE


Voilà, j'ai fini. Tu es redevenue Maria pour quelques heures. Demain, vous répétez la scène...


MARIA


Chut !! Il ne faut pas dire, ça porte malheur !


LA MAQUILLEUSE


Ok, ok... Ah ces comédiens et leurs superstitions... Allez, file et profite bien de ta soirée...


Noir, rideau.


On est le lendemain. Maria habillée comme à la ville et non en Eurydice est assise à son bureau, dans la chambre. Elle écrit et n'entend pas entrer un personnage massif et vêtu de noir. Il tousse.


HADES


J'ai madame longtemps erré en mon royaume

Au sein duquel vous irradiez de vos chagrins,

Avant d'oser franchir le seuil de votre home

Pour déposer à vos pieds purs tout mon soutien.


Long silence. Hadès s'approche. Eurydice ne le regarde toujours pas. Il tousse à nouveau et répète sa réplique une seconde fois. Nouveau silence puis on entend le metteur en scène au micro : « Coupez ! Putain, Eurydice ! Ça fait deux fois qu'Hadès te parle ! Tu es sourde ou quoi ? Et pourquoi tu écris, d'abord ? C'est de l'impro ? Tu as vu écrit ça où dans le texte ? »

Eurydice se retourne et regarde le metteur en scène qui les a rejoints sur scène. Elle pleure.


MARIA


Arrêtez de m'appeler Eurydice. Je m'appelle Maria. Et mon fiancé est mort. Je lui écrivais.


Silence gêné. Au bout d'un temps assez long, le metteur en scène fait signe au comédien jouant Hadès de les laisser seuls. Il s'approche de Maria.


LE METTEUR EN SCENE


Je... suis désolé. C'est terrible ce qui t'arrive. Qu'est-ce...


MARIA


Accident de moto. Mort sur le coup. Hier. Laissez-moi lui écrire. Je serai prête à jouer dans quelques minutes.


LE METTEUR EN SCENE


Je comprendrais que tu veuilles...


MARIA


Arrêter le rôle ? Jouer, c'est la seule chose qui peut me tenir en vie.


La maquilleuse apparaît et va prendre Maria dans ses bras.

Les accessoiristes apparaissent et tandis que Maria pleure dans les bras de la maquilleuse, le metteur en scène fait signe aux accessoiristes de vider la scène : « On remballe pour aujourd'hui. »



 

Par Séb
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Vendredi 12 décembre 2008
J'ai trouvé cette adaptation, que je propose aux fainéants de la lecture. La vidéo dure une heure mais ça vaut le coup.

Lysistrata
envoyé par G_a_e_l
Par Séb
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