Ce soir, France 2 revient sur l'abolition, en France, de la peine de mort, notamment
au travers du combat de Badinter qui, en 1981, a été le garde des Sceaux qui l'a enterrée, après avoir combattu contre elle dans les prétoirs en tant qu'avocat.
Le sujet est passionnant, les débats toujours très engagés sur ce sujet, ok.
Je voudrais juste rappeler, aux quelques lecteurs qui regarderont ce téléfilm ou qui l'auront regardé, que si Badinter a été le pourfendeur de la peine capitale à grands coups d'élans lyriques
("Si toute vie est sacrée, celle ce mon client l'est aussi.", a-t-il dit lors du procès de Patrick Henry), il a également été celui du silence absolu lorsque son client a refait parlé de lui.
Rappel des faits : Il sauve la tete de Henry alors que l'échaufaud lui tendait les bras en 1976. Ok, très bien, félicitation l'artiste. Seulement, quand bien des années après 1981, son client ,
après avoir tout de meme assassiné un enfant de 8 ans et s'etre pavané devant les médias, ressort libre de prison, il ne dit pas un mot quand celui-ci fait la Une d'un journal national (et montre
son visage ridé alors que personne ne l'aurait reconnu) et on ne l'entendra pas plus quand, pas très longtemps après ces photos sur la plage et cette interwiew, il se fera chopper à la frontière
espagnole avec de la drogue dans le coffre de sa bagnole.
Moi, ce silence, pour quelqu'un qui se veut redresseur de torts sans passer par le referendum pour un sujet aussi délicat, je ne l'accepte pas et, franchement, je le trouve scandaleux. Il aurait
simplement fallu qu'il dise : "Ok, ce mec est un e....., tant pis, il a simplement servi ma cause, et point barre." Mais non, rien, nada, peau de zob.
Donc, quand vous écouterez Charles Berling, tout à l'heure, incarner Badinter, ayez bien à l'esprit qu'il s'agit avant tout d'un coup politique et non du destin d'un homme.
PS : Bon, je viens de voir que c'est en deux parties et que la partie concernant le procès de Heney n'est que mardi prochain... Snif !!
Hier sur France 2, Jean-Pierre Daroussin, très bon acteur, était à l'affiche avec Le 7ème juré. Téléfilm qui avait
reçu quelques distinctions et dont le scénario de départ était intéressant : un notable (un pharmacien, mais peu importe) d'une petite ville de province étrangle une demoiselle "aux moeurs
légères" sur un coup de folie. Nous sommes en 62, l'Algérie veut l'indépendance et le dernier chéri de la demoiselle est Algérien. Ils venaient de s'engueuler dans un moulin et ce sont leurs cris
qui ont alertéle pharmacien. Le jeune homme s'en va, elle se rhabille, le tueur arrive et l'étrangle...
Seulement voilà, l'Algérien est vite arreté, inculpé et passe aux assises où... le pharmacien est nommé juré.
Pendant le procès, le juré met en évidence les failles évidentes du dossier, il fait se déplacer la Cour sur les lieux, mais le jeune homme est quand meme condamné à la peine capitale, malgré ses
cris d'innocence.
A la fin du film, le pharmacien, qui a déjà tué une demoiselle quelques années avant et qui a le soutien de sa femme à qui il s'est confié, va trouvé son ami, le commissaire qui a mené l'enquete
et avec lequel il était à la peche le jour du meurtre à 500 mètres du moulin, et il lui avoue son crime. Celui-ci annonce qu'il avait compris, quand il a vu le cliché qu'ils avaient pris à
l'occasion d'une belle prise juste après le drame. Mais il le couvre, préférant l'injustice au trouble politique qu'une erreur judiciaire de la sorte aurait entrainé.
Notre pharmacien va se pendre dans le moulin, en laissant une lettre d'aveux... que le commissaire déchire lors de la scène finale.
Un seul mot : superbe !