"Réservé aux insensés"

Comme je l'ai lu dans "Le Loup des steppes", que je vous recommande du reste, ce blog est réservé aux insensés. C'est-à-dire aux fous, aux poètes, aux âmes décousues, aux insomniaques, à ceux qui se sentent à l'étroit dans ce monde si régulé, à ceux qui se relèvent pour fumer une tige ou reprendre une lecture, à ceux qui se disent que la vie ça ne peut pas n'être que se lever, aller chercher à gagner une misère, appeler sa femme entre midi et deux, rentrer déglingué, regarder TF1, écouter religieusement Sarko, mettre une troussée à sa moitié et s'endormir pour oublier cette horloge hallucinante que l'on s'impose, après avoir renoncé à savoir si on ne nous l'imposait pas, à ceux qui se disent que des beautés régénératrices existent, qu'elles sont, pourquoi pas, à notre portée, que l'on peut, soyons dingues, les créer, les échanger...


Ici, jeune incandescent, tu trouveras de la poésie maison, beaucoup, des textes de fiction à toutes les sauces, un peu, des "reacacho" évoquant cette actu de taré qui nous englobe - nous gobe - tous et, surtout, tu seras autorisé à donner ton avis, à t'accorder une pause dans le récital de l'horloge régulée de tes jours.

Lis et dis.

nouvelle

Dimanche 18 octobre 2009

Hier, mon fiancé est venu me chercher devant chez moi. Nous ne vivons pas encore ensemble, mais il m'a promis que ça ne saurait tarder. Ce n'est plus qu'une question de mois.

Nous avons pris la route en direction du restaurant où nous avions prévu de fêter son anniversaire. Il a douze ans de plus que moi et j'ai prévu de lui offrir un cadre avec écrit dessus « diplôme du plus gentil grand-père ». Je sais que cela va le faire rire.


Nous sommes en été et bien qu'il soit déjà presque 21 heures, il fait encore très lourd. C'est donc avec plaisir que j'accepte la bouteille d'eau que me tend mon futur mari.

Nous parlons de tout et de rien, de notre journée, moi à la maison sur internet, lui à l'agence d'intérim qu'il dirige et où nous nous sommes rencontrés il y a six mois, puis une fatigue soudaine me fait bientôt bailler.

- J'ai un coup de barre, dis-je pour m'excuser.

- Ce n'est rien, ce n'est rien... répond-il en ne quittant pas la route des yeux.

Nous sommes sur une route secondaire, au milieu d'un col que je ne connais pas et ma vue commence à se brouiller, je vois les arbres défiler comme un rideau mouvant. Je tente de me masser les tempes mais ma tête semble peser dix, cent, voire mille fois son poids.

Mon fiancé actionne son clignotant et s'engage sur un chemin forestier bordé d'arbres touffus qui nous plongent aussitôt dans une demi-obscurité. Il arrête le moteur, se tourne vers moi et, comme à travers une baignoire dans laquelle je me serais plongée, je l'entends me dire que nous sommes arrivés.

Je tente de me redresser sur le siège confortable mais mes forces m'abandonnent, je ne peux plus bouger.

L'homme que j'aime sort de la voiture, en fait le tour pour ouvrir ma portière et, alors que je m'attendais à ce qu'il prenne soin de moi et s'inquiète de mon état, il me sort violemment de l'habitacle en me tirant par le bras et les cheveux et me traine sur le sol rugueux de la forêt.

Comme une flamme éteinte, je ne peux même pas tendre le bras pour me libérer de son emprise, et pourtant je suis incapable d'éprouver le moindre sentiment de peur. J'ai l'impression d'être au milieu d'un cauchemar, d'être spectatrice de ma propre fin. Les souvenirs que nous avons fabriqués depuis notre rencontre, et la décision que nous avons prise de nous marier l'an prochain, m'interdisent de penser que cet homme peut me faire le moindre mal. Je l'aime, il m'aime, je suis en train de dormir et je ne vais pas tarder à me réveiller.


Mais non, rien n'y fait, la scène se poursuit, toujours plus violente et incompréhensible. Je suis beaucoup plus légère que lui, il me tire sans difficultés.

Enfin, il s'arrête et cesse de me trainer derrière lui. Il revient alors à ma hauteur et, d'un coup sec dans les côtes, me fait basculer dans le vide. Je me retrouve sur le dos dans une espèce de tombe improvisée. La terre me brûle déjà la gorge. A travers les brumes de ma quasi inconscience, je le vois une dernière fois. Il jette sur moi un regard éteint et je l'entends me dire :

- Je suis déjà marié, excuse-moi, tout ça m'a dépassé.

Il disparaît quelques instants et revient avec une pelle. Il entreprend alors, dans la nuit tombée, de me recouvrir de terre et quand il m'a dérobé au monde des vivants j'entends sa voiture le rejoindre.


Je suis sortie de ce trou comme de l'eau passe au travers d'une feuille de papier : particule par particule. Je me suis évaporée et une forme blanchâtre me ressemblant s'est reconstituée à la surface.


A peine évadée de ma prison, j'ai eu droit à une surprise de taille. Je ne suis pas la seule dans ce cas. Autour de ma tombe se trouvaient huit autres ultimes demeures creusées par celui que j'avais cru être l'homme de ma vie. J'ignorais qu'il serait celui de ma mort.


Les habitantes de ces lieux, qui s'étaient regroupées en signe de recueillement devant le tumulus de terre ayant englouti mon cadavre, sont bien vite venues à ma rencontre. Encore une, avait soupiré Hélène. Même allure, même physique, même age que nous autres, avait complété Dorothée. Quel salaud, avait conclu Justine.


Elles m'ont alors expliqué qu'elles étaient toutes tombées dans le même piège que moi et qu'une fois par an, toujours à la même période, avec une régularité d'horloger, leur meurtrier déposait une nouvelle fleur dans ce qu'elles l'avaient surpris appelé son « jardin ».


Elles m'ont semblé abattues, comme résignées face à ce rythme singulier et infernal.

- Depuis, nous errons dans cette forêt et sur cette route, parfois un automobiliste nous remarque et entretient la légende de la dame blanche, dit Hélène.


- Mais... dis-je, on ne peut pas le laisser s'en tirer comme cela ! Il faut faire quelque chose ! Sa place est en prison, me suis-je mise à hurler.


- Hélas... me répond Dorothée (j'avais d'instinct découvert leur prénom, comme si la mort libérait de nouvelles perceptions cérébrales et sensitives), nous ne pouvons rien saisir, rien toucher... Comment l'empêcher de tuer à nouveau ?

Silence pesant dans les rangs. Puis une idée jaillit dans mon cerveau.


Je suis placée au bord de la route, un an jour pour jour après ma mort. La météo est identique à celle connue lors de mon dernier jour sur Terre. Avec mes compagnes de malheur, nous avons arrêté un plan infaillible. Pour le mettre en marche, nous avons attendu que notre bourreau vienne hier creuser un nouveau tombeau pour sa prochaine victime. Nous étions les spectatrices muettes de ce labeur infâme mais il ne nous voyait pas, ne nous sentait pas.


Je marche le long de la route qui borde la forêt où dorment nos corps, à quelques centaines de mètres du petit chemin de terre qu'emprunte chaque année notre meurtrier.

J'entends une voiture dans mon dos. Je lui fais signe de s'arrêter. Au volant, la personne que j'attendais : un homme dans la force de l'âge. Il me demande si tout va bien. Je ne réponds pas et ouvre la portière avant de m'installer sur le siège passager.

Je lui fais signe d'aller tout droit puis, à dix mètres du petit chemin, je lui demande de tourner. Il ne se fait pas prier et s'engage sur le sentier parcouru d'obscurité. Je désigne un endroit à l'écart d'où nous pourrons voir sans être vus. Alors qu'il me sourit et s'apprête à me demander des explications, je tends un index vers la voiture qui s'engage sur le chemin de terre.

Il stoppe aussitôt son mouvement et ouvre de grands yeux quand il voit celui que nous voulions toutes épouser sortir sans ménagement de sa voiture le corps d'une jeune adulte. Celle-ci semble inconsciente.

Tandis que la malheureuse est trainée comme un vulgaire sac à patates, le conducteur qui m'a prise en stop sort de son véhicule et, tout en pointant son arme vers notre assassin, lui hurle :

- Gendarmerie ! Plus un geste !

Comme un lapin pris dans les feux d'un puissant projecteur d'hélicoptère, celui qui se pensait intouchable est frappé de tétanie. Son œil est celui d'une statue de cire et sa bouche est celle d'un habitant de Pompéi peu après l'éruption du Vésuve.

Le gendarme ne fléchit pas et tout en tenant en respect notre homme en braquant son arme vers lui, il appelle des renforts en utilisant la radio qu'il avait placée sur son épaule gauche.


Je rejoins les autres filles et, tandis que les renforts passent les menottes à la crapule de ces bois, nous nous plaçons chacune au dessus de notre tombe. Un gendarme aperçoit nos silhouettes blanches et, pendant qu'il se retourne pour alerter ses collègues, nous nous élevons vers une lumière plus blanche encore que nos robes et les mots... dans ma tête.. lointains... lointains...

Par Séb
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Mercredi 29 juillet 2009

Hier, on a perdu tonton Albert. Parti et jamais revenu. La semaine dernière, ça avait été un de mes frères , mais je ne le connaissais pas. Je me suis demandé si Papa le connaissait car il n'a même pas pleuré. Maman semblait s'y être habituée, à ces disparitions, elle m'a paru résignée.

 

Et puis, ce matin, ça a été son tour à elle. Elle m'avait une nouvelle fois formellement interdit de suivre la famille. Je devais rester à la maison. Trop jeune et trop dangereux, c'est ce qu'elle répétait sans cesse à Papa quand celui-ci estimait que mon heure était venue de suivre le groupe. S'il ne bouge pas, on le retrouvera bien, développait-elle, alors que s'il nous suit, il faudra sans cesse le surveiller et les risques n'en seront que plus grands...

 

Papa acquiesçait chaque soir un peu moins et Maman fléchissait chaque matin un peu plus.

 

Lorsque tout à l'heure, il est revenu seul, plus fatigué que jamais par ce voyage quotidien que je ne pouvais pas même m'imaginer, c'est tout le désespoir de l'univers qui se lisait dans son œil. Oui, maman aussi, a-t-il simplement dit. Puis, après un silence, il a jouté à destination de la fratrie rassemblée que demain ce serait notre tour. Ma sœur Albertine a eu peur et s'est engouffrée dans sa chambre. La nuit fut silencieuse comme nos cœurs abandonnés.

 

Bien avant l'heure à laquelle s'ouvraient d'ordinaire mes esgourdes, un vacarme assourdissant me tira de mes songes torturés par l'imminence du départ. Papa était là, dans l'embrasure à peine éclairée de notre chambrée. Derrière lui, je reconnus quelques membres de notre famille. Sur chaque visage, la même détermination à accomplir ce qui devait l'être. Mes frères et sœurs, dans un même élan réflexe, se blottirent les uns contre les autres, avant que les plus téméraires et les plus curieux ne suivent la route tracée par nos aïeux.

 

Je me retrouvai rapidement emporté par le flux et, en tournant la tête, je remarquai que mes oncles et mon père n'avaient pas contraint les plus peureux d'entre nous à suivre ce cortège brinquebalant que nous formions et qui, déjà, s'était trop éloigné pour que je pusse seulement apercevoir encore le seul milieu que j'avais jamais connu. Je compris que ce périple serait extraordinaire et que chaque minute risquait d'être la dernière.

 

J'avais quitté un nid douillet, protégé des vents par deux grandes murailles qui me paraissaient infranchissables et tellement sécurisantes, et je me retrouvais maintenant projeté sur une autoroute à sens unique où mon corps était la voiture elle-même. Nous commencions déjà à être séparés les uns des autres. Je vis disparaître mon frère Albert dans un tourbillon opaque et ses grands yeux affolés me lancèrent des promesses de retrouvailles auxquelles aucun de nous deux ne crut.

 

Mon père resta près de nous autres le plus longtemps possible mais une nouvelle rafale m'éloigna à mon tour du reste du groupe.

 

Je fus alors projeté dans les airs, emporté par un courant ascendant inconnu et grisant qui me fit entrevoir des couleurs insoupçonnées. Tout en moi fut bouleversé, mes yeux durent s'habituer au sublime et obscur mystère qui m'encerclait. Mes poumons, une infime seconde dans ces airs infernaux, me brulèrent mais cette douleur me parut douce en contemplant ce monde nouveau qui s'ouvrait à moi.

 

Je repris mes esprits une fois posé dans un espace plus calme où le monde qui avait été le mien se mêlait harmonieusement aux couleurs et aux saveurs qui m'accueillaient. Au loin, je vis un inconnu mais lorsque nous entendîmes une succession régulière de bruits sourds et inquiétants; il disparut rapidement de ma vue. Ces sons qui allaient en s'amplifiant faisaient trembler le sol et une angoisse incoercible m'envahit lorsque je me rendis compte de la présence de cadavres en grand nombre tout autour de moi. Fasciné par les beautés au-dessus de mes yeux, je n'avais pas vu ce qui leur faisait face.

 

Je restai là, seul et tétanisé, alors que le bruit me déchirait maintenant le corps tout entier. Réalisant subitement l'imminence du danger, j'entamai une fuite en avant éperdue qui, bien vite, me plaça face à une forme immense et terrifiante qui se décomposa pour projeter un de ses éléments vers mes membres engourdis de terreur. Une pince d'un gigantisme dépassant l'imagination viola alors le monde qui avait toujours été le mien pour se saisir de mon corps plus délicatement que je ne l'aurais cru. Je m'élevai dans les airs et je sentis à nouveau mes poumons se consumer. Je hurlai et me débattis comme un dément mais rien ne changea et je fis un plongeon que je crus éternel dans un boyau sombre et étroit composé d'une matière inconnue et glissante.

 

Un oncle et une reconstruction approximative de mon univers habituel m'attendaient. D'un geste, le frère de mon père me fit signe de me calmer et me dit que tout cela ne devrait plus durer longtemps. Un jeu d'enfant, me dit-il avant de se retourner et de m'abandonner à mes angoisses. Je me positionnai tout de même dans son sillage et tentai de m'accrocher à ses mots rassurants pour ne pas hurler de terreur.

 

Le temps parut s'éterniser, d'autres arrivants rendirent l'habitat encore plus exigu et, alors que tout n'avait été que bousculades et tempêtes, nous pûmes tous enfin profiter d'un calme précaire et inattendu l'espace de quelques instants. Les voix déformées de je ne sais quel prédateur nous provinrent en effet et nous médusèrent. Même ceux qui avaient tenté de grimper sur le dos des autres en vue d'une hypothétique évasion restèrent silencieux.

 

Puis, tout d'un coup, notre univers fut à nouveau emporté dans un tumulte sans pareil et nous fûmes de nouveau bousculés, écrasés les uns contre les autres, avant de voir un abime se présenter à nous. Nous fûmes absorbés par le vide et nous tombâmes dans un vide sidéral. Je fermai les yeux et hurlai à m'en arracher les poumons. Le choc me fit les rouvrir. J'avais heurté une surface molle qui, aussitôt, me rendit à mon univers habituel. Je courus de toutes mes forces et je vis Papa. Je le rejoignis hors d'haleine et tout à mon bonheur de le retrouver, je ne saisis pas les premières paroles qu'il m'adressa. Lorsque je l'écoutai enfin, mon sang cessa sa course vagabonde pour se fixer dans mes veines avec la force de l'homme que j'étais devenu en découvrant le drame de notre espèce et le secret de mon aventure :

 

« Tu es un crabe, mon fils, et comme tous les crabes, tu dois suivre la marée pour atterrir sur la plage des humains au risque d'y mourir comme ta maman. Aujourd'hui, tu as eu la chance d'être pêché par un enfant humain qui t'a mis dans un sceau avant de te rendre à la mer. Demain, tu devras recommencer mais tu n'auras peut-être pas cette chance, tu devras affronter les vagues toi-même pour retrouver ta maison. Ici, ça ne s'arrête jamais. »

Par Séb
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Mardi 2 décembre 2008

Le matin tentait de se lever, étirait ses longs bras noués d'épines, baillait quand les corneilles quittaient le nid, et les brûmes, fantômes sans robes, dansaient devant mes yeux comme des flammes.

La route se tordait comme si elle était malade et moi, les yeux mi-clos, je suivais son tracé comme un automate. La radio égrenait ses nouvelles - attentats, récession, procès, élection, victoire de l'OM.

J'imaginais mon week-end, faisais défiler ma journée, ponctuée des surprises du quotidien - énièmes répétitions des jours, des semaines passés - et par mon nez , puis par la fenêtre ouverte d'une louchotte, s'échappait les volutes de mon cancer futur.

La boîte de vitesse grinçait comme si un troll y avait été condamné à perpet - malédiction invisible.

Puis tout s'enclencha.

Le téléphone sonna.

Ta voix.

Des Je t'aime. Des Je pense à toi. Des On se voit bientôt ?.

Puis ces phares apperçus trop tard.

Puis ce virage trop sec.

Puis ces tonneaux dans le matin blême.

Puis la nuit.

Puis la nuit.

Puis la nuit.

 

Par Séb
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Mercredi 3 septembre 2008

... vers ce qui ressemblait à rien, en fait. Rien de connu, du moins. Il n'y avait ni végétation, ni ciel, ni soleil, ni rien qui put m'etre familier. Ma mémoire nouvelle m'apprit que depuis plus de  cent mille ans la Terre vivait sous une immense cloche de verre, sur laquelle les rayons du soleil, trop puissants pour nous autres, venaient mourir.

Tout était d'un blanc immaculé. Seules de fines rayures bleues claires, au sol et aux "murs" matérialisaient les différents espaces. Je me rendis alors compte que j'avais atterri dans une maison à trois étages dont la colonne vertébrale était constitué d'un escalier en colimaçon. Je m'en approchai et, aussitot, il disparut. A sa place, un cercle de lumière bleue. Je me plaçai au centre et fus aussitot téléportée. Ailleurs.


Lorsque je rouvris les yeux, j'étais dans le jardin de mes parents. Près du saule-pleureur où je venais jouer, me cacher, puis, plus tard, fumer ou pleurer en cachette. Je fus saisie d'un profond sentiment de bonheur. Cette chaleur fugace et si douce qui semble vous emporter au fond de vous-meme et vous tenir en lieu sur.
Le lutin réapparut, s'approcha de moi et me dit :
- Je vais te faire redevenir la petite fille que tu étais, tu conserveras intacte dans ta mémoire tout ce que tu as vécu jusqu'à présent et tout ce que tu as appris du futur. C'est le plus beau cadeau, après avoir longtemps réfléchi à la question, que je puisse faire à toi et à tes semblable.  Cette fois c'est à moi d'émettre un voeu : puisses-tu apprendre des tes erreurs et aider les tiens à faire mieux que ce qui les attend.
Puis il disparut et ma mère m'appela pour diner.

Par Séb
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Mardi 2 septembre 2008

Mon aventure dans le futur commença comme commencèrent bien des matins : par un mal de caboche apocalyptique.
Il faut dire que des centaines, non des milliards, d'images, d'idées, de sons, de concepts, voulurent pénétrer mon esprit à la meme seconde. Rapidement, l'entonnoir céda et ce magma vigoureux comme un jeune hardeur écarta encore plus les parois de ma boite cranienne pour s'y frayer un chemin terrifiant.

Puis je dus tomber. Du moins, ce fut le noir complet. Je n'eus pas meme le temps de jeter un oeil à mon nouveau siècle.

Après un temps que je ne pus définir, mes yeux s'ouvrirent. Simultanément et sans douleur, comme après une anesthésie générale.
Je n'entendis aucun son particulier, ne perçus aucune saveur, mais je vis tout. Devant, naturellement, mais aussi sur les cotés et... derrière moi. Je dus faire un effort pour ne pas chavirer d'effroi, mais, très vite, une des données enregistrées m'apprit que depuis plus de trente mille ans le génome humain, enrichi par l'apport de certaines cellules sélectionnées dans nos colonies de l'espace, avait développé certaines capacités, comme cette vision à 360°, ou encore la télépathie, la téléportation... et autres gadgets qui, déjà, me donnaient le tournis.

J'étais dans une pièce sans mur, sans plafond, sans sol non plus du reste, mais c'était bien une "pièce", dans le sens où un espace "privatif" était délimité si je regardais vers ce qui ressemblait à....

à quoi ?
Faites des propositions !

Par Séb
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