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L'univers de Sébastien Bonmarchand !

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Pour mon grand-père

Publié par Séb sur 11 Mars 2008, 12:52pm

Catégories : #Poésie

Papi,

Je me souviens des jours où ne sachant pas lire
Je lisais avec toi le journal et jouais
Avec tes lunettes, ta peau et ton béret.
Je me souviens de l’heure où j’ai voulu écrire.

Aussi enfant que moi, je me souviens d’un œil
Découvrant la forêt, l’arbre et la scie et puis
Je me souviens du son que tes lèvres d’aïeul
Ajoutaient à mon front en disant bonne nuit.

Je me souviens moulins, chars d’assauts et châteaux
En Espagne construits sans pelle ni râteau.
Je me souviens de toi les soirs de désespoir.

Je me souviens de toi, toi qui de l’horizon
As su glaner mon Rêve et garnir mon Savoir.
Hier comme aujourd’hui, je prie pour ta maison.


Bougies-44.gif


Mon grand-père, Roger Bonmarchand, est décédé le 26 février 2005, à l'avant-veille de ma première vraie exposition en tant qu'écrivain-poète. Cet homme m'a élevé, m'a fait découvrir les beautés et les laideurs de ce monde - lui qui fut capable de s'évader deux fois des camps de prisonniers, de tenir tête à un nazi en refusant de baisser les yeux face à l'oppression, et qui dragua même les rares géôlières. Durant mes années fondamentales de primaire, il me conduisait chaque semaine en forêt, me désignait les éléments (grenouilles, champignons, arbres, cours d'eau...) que mon oeil d'enfant poétisait. 
Un an et demi avant sa mort, les médecins m'avaient appelé à son chevet, persuadés que la fin était imminente. Je lui ai alors fait mes adieux, tandis qu'il luttait, et lui ai promis de devenir écrivain afin que son instinct de survie dans les camps ne reste pas vain et que de là où il serait, il puisse être fier de moi. De ses faibles forces, il plissa les yeux, pleura, et me serra la main que j'avais glissée entre les siennes. Il n'attendait plus rien de la vie, il serait parti ce jour-là. A la grande surprise du corps médical, son cancer connut une rémission et il put rentrer chez lui. 
Je pus passer ces longs mois avec lui et lui dire que je n'avais qu'un seul père, et qu'il était celui-ci.

Ce poème a été ajouté au dernier moment à ceux prévus pour l'expo et c'est celui qui a le plus touché les visiteurs. A vous de juger.

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L
Coucou Seb!Magnifique... tu as raison, c'est touchant... poursuis ton rêve, tu n'est plus très loin...  bises, Laury 
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G
Texte très juste. Rien à ajouter.
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