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Jaimecrire, l'univers de Sébastien Bonmarchand !

Hommage à un très grand - 30 ans déjà !

7 Mars 2008, 21:27pm

Publié par Séb

Le 11 mars 1978, Boulevard Exelmans à Paris, nous quittait un artiste à nul autre pareil. Il avait atteint un tel degré de popularité que ça en devenait irréel. Il n'était déjà plus tout à fait un homme et pas encore tout à fait un mythe. Aujourd'hui, il est de plain-pied dans la légende, l'inexpugnable légende, celle que les hommes et les femmes transmettent avec des trémolo dans la voix.
Il avait les jambes du félin africain, quand les notes dansaient autour de lui, qui saisit sa proie et la laisse bouche bée, indifférente à son destin ;  il avait la voix de la sirène qui ensorcelle le marin perdu, happe ses démons et lui fait oublier jusqu'à sa vie.
Il volait à la foule son malheur, oubliait le sien en sa compagnie - la définition même de l'artiste, du créateur. Il y a du Musset dans cette attitude. Musset comparait le poète à un pélican qui, pour nourrir ses enfants, régurgite ce qu'il a avalé. L'artiste fait de même. Cloclo aussi.

Dans la chanson que voici - ma préférée - soyez attentifs aux paroles, à l'expression du visage. Tout est là. 
A quand un nouveau pélican ?

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Gus 10/03/2008 11:41

Claude François, c'est vraiment de la merde populaire dans le mauvais sens du terme. Il a su utiliser les médias, c'est son seul talent. Sinon quoi? Des musiques dans l'air du temps, des reprises de tubes anglo-saxons, un excellent danseur, des paroles faciles... Bof, à part le côté paillettes et la personnalité exécrable, rien à en retenir. C'est dansant peut-être mais pas glorieux. On le vénère parce qu'il est mort jeune, mais il faut bien se dire qu'il ne faisait rien de bien mieux qu'une Sheila par exemple... Ben pas de quoi être fier selon moi, vraiment pas. Y'a tellement mieux à écouter, y compris dans les trucs actuels!

Séb 10/03/2008 11:55

Les goûts et les couleurs...

Miky 08/03/2008 16:58

Certes oui, Cloclo savait y faire pour faire danser et chanter, mais je suis un peu sceptique quand même à la lecture de ton apologie. "Artiste à nul autre pareil"... mmh... ça me laisse songeur. On croirait à t'entendre qu'il a révolutionné la chanson française. Or je ne suis pas certain que sa contribution artistique objective soit si éclatante que cela. Qu'il ait eu du succès et ait marqué son époque, c'est indéniable. Mais n'est-ce pas plutôt l'homme ou l'image qu'il se donnait qui en est la cause, plutôt que des considérations artistiques objectives ? Qu'en restera-t-il dans un siècle de son passage en ce bas-monde ? Qu'en est-il déjà hors de France ? N'a-t-il pas plutôt su profiter du fantastique développement des médias à cet époque ? Moi aussi je l'aime bien Cloclo (sans en être fan, il m'est arrivé de me déhancher sur ses chansons), mais il me semble (et pour en rester à la seule musique populaire), que des artistes comme David Bowie, les Smiths ou les Beatles, ou en Francophonie : Georges Brassens ou Jacques Brel sont autrement plus incontournables, d'un strict point de vue objectif. Un bon indicateur étant l'influence considérable que ces artistes ont eu sur d'autres artistes. Aujourd'hui, quel artiste se réclame sérieusement de Claude François ? Cloclo a fait de la musique de variété, dont l'objectif avoué est de divertir, d'amuser, d'égailler, de faire danser. Ce n'est pas dans mon intention que de lui jeter la pierre. Mais est-ce là l'ambition de l'art authentique ? Dans le domaine de la littérature, que tu connais probablement mieux, tu es bien conscient que les auteurs à succès qui font des best-sellers à la mode que l'on achète dans les gares ne jouent pas dans la même catégorie que les grands auteurs académiques que sont Chateaubriand, Mallarmé, Victor Hugo, Verlaine, etc. Eh bien en musique, c'est la même chose. Il y a la musique de variété, l'équivalent des romans de gare, et la musique plus ambitieuse, plus difficile d'accès, qui est l'équivalent de la littérature académique.

Séb 08/03/2008 19:08

Certes oui, Miky.  Il n'a pas eu la postérité artistique d'un Brassens ou d'un Brel, car ses chansons ne visaient qu'à l'immadiateté, si je puis dire. Il évoquait des sujets de tous les jours, pas de l'ordre de la poésie comme Brassens ou Brel, mais il fait partie de ces rares qui ont su galvaniser les foules, leur offrir ce quelque chose qui fait qu'en les écoutant on oublie un tant soit peu notre triste sort.C'est tout le sens de cette chanson "la solitude c'est après". C'est seulement avec lui que je me sens déchargé du fardeau de ma vie. Avec les autres, c'est plus, justement, un apport artistico-intellectuel. Là, je suis en plein dans l'émotionnel, la consubstancialité même. Ses maux sont les miens, sa solitude est la mienne et quand je l'entends chanter, c'est comme si elle devenait un partage constructif, qu'elle n'emprisonnait plus seulement moi...Enfin, je suis totalement d'accord quand tu dis qu'il a su utiliser les médias, ça, il n'y a pas de doute !