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Nouveau blog !


Pour des raisons de lisibilité, j'ai décidé de créer un nouveau blog, tourné vers l'actualité.
J'alimenterai les deux, jaimecrire étant désormais tourné exclusivement vers l'écriture et la littérature.
Vous trouverez le nouveau blog sur :
http://reagiralactu.over-blog.com/
Bonne lecture.

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Dimanche 3 mai 2009

EUREMI, drame en un acte.

 


La chambre d'une princesse. Longs voilages, lit deux places richement décoré, un bureau et une chaise, une table. Une femme déambule, en proie à une grande agitation.


EURYDICE


Orphée ! Orphée ! Orphée ! Pourquoi te retourner ?

Les bras de l'avenir, larges et savoureux,

Allaient s'ouvrir à nous, et comme un nouveau-né

Je t'aurais embrassé, couvert de mille feux !

Qu'ai-je donc dans ma voix, dans ma peau, dans mon cœur

Laissé filtrer, Orphée !, Orphée ! de mes douleurs ?

Qu'ai-je donc affirmé désinvolte et rieuse

Pour être abandonnée aujourd'hui aux pleureuses ?

Des Enfers, je t'entends moi si bas, toi si haut !

Épeler mon prénom sur ces plaines farouches ;

Comme un loup dans la nuit tu hurles à nos maux

Orphée ! Orphée ! de fuir et nos cœurs et nos bouches.

Et quand de sous la terre, orpheline et hagarde,

Je pose mes baisers aux chevilles des bois

Qui comme un temple s'ouvrent au son de ta voix,

Orphée, mon triste Orphée, le temps retarde.


Eurydice se laisse choir sur son lit, en pleurs, et un lutin apparaît. Il porte un plateau avec un petit-déjeuner. Elle se lève.


LUTIN


Bonjour à vous, tendre amoureuse aux yeux si lourds.

Encore ce matin, mon maitre a mijoté

Lui-même et pour vous seule un petit-déjeuner.

Il a dit espérer vous croiser dans la cour.


EURYDICE


Dis à ton maitre...


LUTIN


                                      … Il a ajouté qu'il serait

La plus heureuse des créatures bannies

Si vous consentiez à honorer ces mets.

Il vous répète aussi que vous êtes ici...


EURYDICE


… Je sais, je sais... Il dit toujours que dans son temple

Aucune âme jamais ne sera obligée

De rester. Réponds-lui dans qu'à ce qu'il me semble

Quand Orphée a failli, mon cœur s'est arrêté.


LUTIN


Mais, chère abandonnée, chaque jour, chaque nuit,

N'est-ce pas lui, Orphée, que sans un mot, tu suis

De regards toujours plus amoureux et mouillés ?

N'est-ce pas lui ce tendre amant tant regretté ?


EURYDICE


Orphée chante là-haut nos pleurs et nos regrets !

Si j'ouvrais cette porte et si, au cœur d'un chant

En mon honneur, je le voyais, tout sombrerait...
Eurydice et Orphée ne seraient plus qu'un vent.

Notre amour a cessé quand il s'est retourné.

Notre unité devint aussitôt un duo

Lui jouant, au milieu des gens et des lauriers,

Moi quémandant ses mots, l'œil tendu vers là-haut !


Eurydice rend le plateau au lutin, lui fait signe de la laisser seule et va s'asseoir sur le lit. Elle regarde le plafond un long moment, comme fascinée, les mains posées sur ses genoux.

On entend alors une voix d'homme dans un micro : « Coupez ! C'est bon, on la garde ! ». Apparaît alors un homme habillé en jeans, t-shirt et baskets, avec un casque d'ingénieur du son sur les oreilles. Eurydice va vers lui tout sourire.


LE METTEUR EN SCENE


C'est bien, Eurydice, tu as été fantastique. Le directeur du théâtre est ravi de tes premières répétitions. Essaie juste d'insister sur certains mots importants, mais on en reparle. (Il l'embrasse sur la joue et lui met une tape sur les fesses avant de s'éloigner.) Allez, va te changer et te reposer. (La jeune femme quitte la scène puis le metteur en scène s'adresse aux accessoiristes.) Allez, les gars, vous me virez ce décors, ce soir Antigone débarque. Du nerf !


Les accessoiristes vident la scène, tandis qu'Eurydice se fait démaquiller.


LA MAQUILLEUSE


Tu as des projets pour ce soir, Maria ?


MARIA


Ah enfin quelqu'un qui m'appelle par mon prénom ! Tu sais pourquoi il appelle tous les comédiens par le nom de leur personnage ?


LA MAQUILLEUSE


Tout simplement parce qu'il ne sait même pas comment vous vous appelez, ma chérie ! Je crois que même les comédiennes qu'il a réussi à culbuter, il a continué à les appeler par leur nom de scène. D'ailleurs, attention, j'ai vu sa main...


MARIA


Oui, mais c'est de bonne guerre. On vient de finir de répéter une scène, c'était bien, ça s'arrête là. C'est comme si je venais de marquer un but et qu'il me félicitait... à sa manière. Enfin... tu sais, moi, j'ai Rémi...


LA MAQUILLEUSE


Ah oui, c'est vrai que ça fait un moment tous les deux.


MARIA


Bientôt deux ans. C'est un amour. D'ailleurs, on va emménager ensemble dans quinze jours.


LA MAQUILLEUSE


Félicitations ma chérie ! Je suis très heureuse pour vous. Et j'imagine que si tu n'as pas répondu à ma question, c'est que tu le vois ce soir...


MARIA


Oui, on va se faire un petit restaurant en amoureux...


LA MAQUILLEUSE


Voilà, j'ai fini. Tu es redevenue Maria pour quelques heures. Demain, vous répétez la scène...


MARIA


Chut !! Il ne faut pas dire, ça porte malheur !


LA MAQUILLEUSE


Ok, ok... Ah ces comédiens et leurs superstitions... Allez, file et profite bien de ta soirée...


Noir, rideau.


On est le lendemain. Maria habillée comme à la ville et non en Eurydice est assise à son bureau, dans la chambre. Elle écrit et n'entend pas entrer un personnage massif et vêtu de noir. Il tousse.


HADES


J'ai madame longtemps erré en mon royaume

Au sein duquel vous irradiez de vos chagrins,

Avant d'oser franchir le seuil de votre home

Pour déposer à vos pieds purs tout mon soutien.


Long silence. Hadès s'approche. Eurydice ne le regarde toujours pas. Il tousse à nouveau et répète sa réplique une seconde fois. Nouveau silence puis on entend le metteur en scène au micro : « Coupez ! Putain, Eurydice ! Ça fait deux fois qu'Hadès te parle ! Tu es sourde ou quoi ? Et pourquoi tu écris, d'abord ? C'est de l'impro ? Tu as vu écrit ça où dans le texte ? »

Eurydice se retourne et regarde le metteur en scène qui les a rejoints sur scène. Elle pleure.


MARIA


Arrêtez de m'appeler Eurydice. Je m'appelle Maria. Et mon fiancé est mort. Je lui écrivais.


Silence gêné. Au bout d'un temps assez long, le metteur en scène fait signe au comédien jouant Hadès de les laisser seuls. Il s'approche de Maria.


LE METTEUR EN SCENE


Je... suis désolé. C'est terrible ce qui t'arrive. Qu'est-ce...


MARIA


Accident de moto. Mort sur le coup. Hier. Laissez-moi lui écrire. Je serai prête à jouer dans quelques minutes.


LE METTEUR EN SCENE


Je comprendrais que tu veuilles...


MARIA


Arrêter le rôle ? Jouer, c'est la seule chose qui peut me tenir en vie.


La maquilleuse apparaît et va prendre Maria dans ses bras.

Les accessoiristes apparaissent et tandis que Maria pleure dans les bras de la maquilleuse, le metteur en scène fait signe aux accessoiristes de vider la scène : « On remballe pour aujourd'hui. »



 

Par Séb - Publié dans : théâtre - Communauté : pdf à télécharger
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Lundi 20 avril 2009

EDITO

Révolution ?

NON, ce n'est pas une révolte, c'est une révolution... À un mois d'intervalle, Dominique de Villepin a semblé répondre hier à Laurent Fabius qui disait craindre, pour ce printemps, des « mouvements profonds et radicaux de révolte ». « Oui, il y a un risque révolutionnaire en France », a insisté l'ancien chef de gouvernement de Jacques Chirac, qui, le temps d'une prédiction, n'a pas hésité à emprunter la rhétorique d'Olivier Besancenot. Surenchère verbale ? Huile sur le feu ? On peut se poser la question, sinon de la validité, du moins de l'opportunité de ces déclarations, venant d'un ex-Premier ministre, alors que la tension sociale est à un point d'exacerbation rare dans le pays. Il y a suffisamment de motifs à la colère qui gronde et touche de plus en plus de Français, frappés par la crise et ses conséquences, pour ne pas en rajouter.
Les « Cat », les Sony, les « Conti », les Faurecia, confrontés à des restructurations plus ou moins motivées, ont montré jusqu'à quel point pouvait conduire le sentiment d'injustice, quand le dialogue avec l'employeur patine, si tant est qu'il ait été amorcé. Ces formes extrêmes de protestation ne sont évidemment pas des solutions, d'abord parce qu'elles se heurtent au mur du droit, et que leur jusqu'au-boutisme les condamne, mais elles constituent malheureusement des moyens de pression pour obtenir de meilleures conditions lors des négociations. C'est sans doute pourquoi l'opinion majoritairement se tient au côté de ceux qui manifestent, convaincue qu'on en fait beaucoup pour les banques, pas assez pour les salariés, et trop peu pour les victimes des licenciements.

Alors que l'horizon se brouille au rythme d'annonces toutes plus anxiogènes les unes que les autres, des chiffres du chômage au nombre des entreprises en difficultés voire en dépôt de bilan, les réponses du pouvoir manquent encore de clarté. Nicolas Sarkzoy s'empare cette semaine du dossier de l'emploi des jeunes, mais auparavant il sera, dès ce mardi, revenu à l'un de ses thèmes de prédilection, l'insécurité. Face à cette autre source d'inquiétude qu'est l'insécurité sociale, on a certes plus besoin de pompiers que de pyromanes. Mais aussi de vrais moyens de lutte contre les incendies qui se propagent.
Michel VAGNER
20/04/09
Par Séb
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Dimanche 19 avril 2009
Une interwiew bien sympathique a eu lieu aujourd'hui sur Europe 1 : celle de Dominique de Villepin.

Pour mémoire, Dominique de Villepin c'est lui


C'est lui l'ancien Premier Ministre qui avait concentré sur sa personne une grande partie des haines et frustrations de la jeunesse et d'une frange révolutionnaire de ce pays à l'occasion de la lutte anti-CPE.
A priori pas trop-trop le genre de gars à s'appitoyer sur la misère humaine.
Plutot du genre à tuer père et mère pour arriver à ses fins. Le genre d'animal politique que Bernadette Chirac, qui en connait un rayon en calculateurs, surnomme "Néron", c'est dire.

Eh bien, vous savez ce qu'il nous sort ce brave Dominique, après une longue période de tournée des médias destinée à lisser son image dans les foyers et à faire de lui le gars dont on se dit :"Pouah, pensez, c'est du passé tout ça, ça a l'air d'un chic type finalement." ?

Ecoutez ça :


Il nous révèle que la France, à cause de la situation dans les usines, de la précarité galopante, de la misère des jeunes et des vieux, des institutions qui abdiquent face à la connerie humaine et de l'éducation qui ne sait plus quoi faire de ces "jeunes", est à deux doigts de répondre à la tentation révolutionnaire.

Ces mots dans la bouche de De Villepin me font hérisser le poil. Meme si je partage cet avis que l'on n'a jamais été aussi proches de troubles sociaux profonds et radicaux, que la situation, avec ou sans cette crise dont on nous rabache les oreilles, ne peut que conduire à une révolte qui sera douloureuse et violente tant elle couve depuis longtemps, je ne peux m'empecher de rire quand je l'entends dire par celui qui a si souvent et si longtemps mépriser la jeunesse et ses angoisses, fondées ou non.
Les deux mots qui me viennent à l'esprit sont : opportuniste et absent.
De Villepin est opportuniste d'attiser ces braises-là, afin de mieux les récupérer quand elles auront fini de bruler (retrouver un fauteuil de ministre après la tempete qui va sévir ?).
Et Besancenot, sur son propre terrain, est terriblement absent. Mais que fait-elle cette ultra-gauche si la droite se charge de faire son boulot ?

Enfin, à bon entendeur, comprenne qui pourra...
Par Séb - Publié dans : reacacho
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"Réservé aux insensés"

Comme je l'ai lu dans "Le Loups des steppes", que je vous recommande du reste, ce blog est réservé aux insensés. C'est-à-dire aux fous, aux poètes, aux âmes décousues, aux insomniaques, à ceux qui se sentent à l'étroit dans ce monde si régulé, à ceux qui se relèvent pour fumer une tige ou reprendre une lecture, à ceux qui se disent que la vie ça ne peut pas n'être que se lever, aller chercher à gagner une misère, appeler sa femme entre midi et deux, rentrer déglingué, regarder TF1, écouter religieusement Sarko, mettre une troussée à sa moitié et s'endormir pour oublier cette horloge hallucinante que l'on s'impose, après avoir renoncé à savoir si on ne nous l'imposait pas, à ceux qui se disent que des beautés régénératrices existent, qu'elles sont, pourquoi pas, à notre portée, que l'on peut, soyons dingues, les créer, les échanger...


Ici, jeune incandescent, tu trouveras de la poésie maison, beaucoup, des textes de fiction à toutes les sauces, un peu, des « reacacho » évoquant cette actu qui nous englobe – nous gobe – tous, et surtout tu seras autorisé à donner ton avis, à t'accorder une pause dans le récital de l'horloge régulée de tes jours.

 


Lis et dis.

 

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